
COURS DE L'IMPÉRIALISME MONDIAL
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Cours de l'impérialisme mondial
(rapport a la R.G. du parti)
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Lorsqu'il y a deux ans les Etats-Unis ont brutalement mis leurs «alliés» occidentaux devant le fait accompli de leur diktat monétaire, les commentateurs de la presse bourgeoise ont été unanimes à annoncer «la fin de l'ère de Bretton-Woods». Si cette constatation était formellement exacte, sa signification profonde allait bien au-delà des mesures de technique monétaire auxquelles les limitait l'interprétation bourgeoise. Ce qui prenait réellement fin, c'était l'ère des illusions bourgeoises engendrées par la période d'accumulation prospère qui a suivi le second massacre impérialiste; ce qui s'annonçait avec l'inéluctable nécessité des phénomènes naturels à un mode de production poussant au paroxysme le développement des catégories marchandes, c'était une nouvelle ère d'affrontements inter-impérialistes dans la zone de domination américaine. La guerre monétaire et commerciale entre les capitalismes occidentaux n'est que la toute première manifestation de l'entrée de la société bourgeoise dans la phase du cycle impérialiste inexorable qui doit la mener une fois de plus à la crise et, si la classe ouvrière ne lui impose pas auparavant sa solution révolutionnaire, à la guerre.
De même que l'effondrement du monopole de l'impérialisme britannique, qui avait édifié sur la livre sterling le système monétaire international d'avant 1914, est à l'origine des violents soubresauts monétaires de l'entre-deux-guerres, l'effondrement du système monétaire actuel est celui d'un échafaudage basé sur le monopole de l'impérialisme américain. Le système de relations monétaires internationales mis sur pied au sortir de la seconde guerre impérialiste fut le résultat d'un sévère marchandage commercial et financier engagé dès 1941, entre l'impérialisme américain et son futur vassal britannique, alors que le premier exigeait avant d'entrer en guerre des garanties sur sa part de butin, et que le massacre des peuples pour déterminer quelle coalition de brigands dominerait la planète en était encore à sa première phase. Les accords de Bretton-Woods, signés en 1945, étaient officiellement censés instaurer une ère de relations monétaires et commerciales stables, harmonieuses et «équitables» entre les pays capitalistes occidentaux que l'issue de la guerre faisait passer dans l'orbite de l'impérialisme américain: en réalité, ils ne faisaient que masquer sous le mythe de l'égalité monétaire des nations bourgeoises la toute-puissance du dollar. Si la Russie ne participait pas à l'accord pour des raisons de rivalités inter-impérialistes, elle en partageait entièrement l'idéologie explicite qui voit dans le développement du commerce mondial la base de la croissance, de la prospérilé et de l'harmonie entre les nations. L'article I des statuts du Fonds Monétaire International, créé par ces accords, resumait parfaîtement toutes ces illusions bourgeoises:
«Le Fonds Monétaire Intermiational a pour objectifs:
1) De promouvoir la coopération monétaire internationale au moyen d'une institution permanente fournissant un mécanisme de consultation et de collaboration en matière de problèmes monétaires internationaux.
2) De faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce international et de contribuer ainsi à l'instauration et au maintien de niveaux élevés d'emploi et de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les Etats membres, tels devant être les objectifs primordiaux de la politique économique.
3) De promouvoir la stabilité des changes, de maintenir entre les Etats membres des dispositions de change ordonnées et d'éviter les dépréciations de change inspirées par un esprit de rivalité.
4) De favoriser l'établissement d'un système multilatéral de règlement des transactions courantes entre les Etats membres et l'élimination des restrictions de change qui entravent le développement du commerce mondial.
5) De donner confiance aux Etats membres en mettant les ressources du Fonds temporairement à leur disposition moyennant des garanties appropriées, leur procurant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leur balance des paiements sans avoir à recourir à des mesures préjudiciables à la prospérité nationale ou internationale.
6) Conformément à ce qui précède, d'abréger la durée et de réduire l'ampleur des déséquilibres affectant les balances des paiements des Etats membres».
Tous ces mythes de la coopération monétaire internationale, de l'accroissement harmonieux du commerce, de la stabilité des changes et du caractère «déloyal» des dévaluations concurrentielles (soutenu à l'époque, ô vicissitudes de l'économie politique bourgeoise, par... les Etats-Unis et la Grande-Bretagne!), de l'élimination des restrictions de change, de la correction en douceur des déficits des balances des paiements, ont été, entre 1945 et 1970, constamment ridiculisés par la réalité des faits, dans des soubresauts divers qui n'avaient toutefois qu'une ampleur locale et limitée. Maintenant que les convulsions ont atteint tous les pars capitalistes développés et surtout le despote du marché mondial, ils volent violemment en éclats.
Une fois de plus les charlatans bourgeois, avec cette fois l'appui discret de l'impérialisme russe - que sa faiblesse économique a tenu à l'abri de la guerre monétaire, mais qui place tous ses espoirs dans la prospérité du capitalisme occidental et de l'impérialisme américain en particulier - tentent de
les rafistoler à grands coups de négociations et de conférences. Pas plus qu'ils n y ont réussi dans le passé, ils n'y réussiront dans l'avenir, car l'essence même du mode de production capitaliste et du marché mondial l'interdit.
Le degré sans précédent de concentration et de centralisation atteint aujourd'hui par le capital a provoqué la constitution de gigantesques blocs aux intérêts antagoniques, gérés par des appareils intimement imbriqués dans des appareils d'Etat de plus en plus puissants et totalitaires, qui dirigent eux-mêmes les opérations de guerre économique menées contre les Etats concurrents. La concurrence entre capitalistes pour réaliser la valeur de leurs marchandises s'est doublée d'une guerre commerciale entre Etats: chacun dirige au plus haut niveau l'exploitation de millions de prolétaires de toutes origines travaillant pour le capital national, organise sur le marché mondial la promotion des ventes des marchandises fabriquées grâce à leur sueur, et cherche à y empocher le plus de valeur-argent possible.
Mais la projection de la concurrence à un stade supérieur ne modifie par ses lois générales, qui ne sont elles-mêmes que l'expression de la tendance fondamentale du capital à accumuler sans relâche en exploitant toujours davantage le travail salarié. Pour gagner des marchés il faut, si l'on fait abstraction de toutes les influences particulières pour analyser les phénomènes à leur niveau le plus général, vendre moins cher que le voisin. Pour pouvoir vendre constamment moins cher sans rogner sur le profit, il faut, à procédés de production équivalents ou inférieurs (et les prix des matériaux étant supposés réglés par le marché mondial) payer la force de travail moins cher. Déqualification de la force de travail, emploi des femmes et des enfants, importation de prolétaires immigrés à bon marché, investissements dans des pays où les salaires sont très bas, politique étatique de limitation des hausses de salaires aboutissant, avec la hausse des prix des moyens de subsistance, à la baisse des salaires réels, etc...: l'ingéniosité du capital ne connait pas de bornes lorsqu'il s'agit de pressurer le producteur direct. Mais comme aucun capital national n'en a l'exclusivité, aucun ne peut en tirer éternellement un avantage décisif, et tous sont contraints de passer au stade supérieur de l'exploitation.
Lorsque le prix de la force de travail est dominé et comparable à celui payé par les concurrents, la seule solution laissée au capital est d'investir pour installer des équipements plus modernes qui permettront d'accroître la productivité du travail, de réduire les dépenses de capital variable en renvoyant une partie des salariés dans l'armée de réserve, d'abaisser le prix de revient de chaque unité produite, et de vendre un peu moins cher que le concurrent tout en faisant plus de bénéfice que lui (et indirectement, lorsque les équipements plus productifs se généralisent aux branches fabriquant des biens de consommation, d'abaisser la valeur de la force de travail). C'est l'accumulation de capital. qui, comme l'explique Marx, permet d'augmenter la productivité et d'obtenir une plus-value extra ou un surprofit de productivité.
La marchanchise n'étant pas dotée de parole pour expliquer si l'abaissemnent de son prix de revient a été obtenu par les salaires de misère, le knout, les cadences infernales ou les machines perfectionnées - et l'acheteur s'en fichant d'ailleurs bien - tous les procédés se valent pour l'emporter sur le marché mondial, et dans la réalité ils sont tous employés simultanément par le capital. Si la méthode de l'accumulation du capital, qui permet d'augmenter la productivité tout en réduisant les dépenses de capital variable, correspond à l'essence du mode de production capitaliste, tous les procédés employés tendent au même résultat: augmenter le taux de plus-value. Toutes choses égales par ailleurs, le vainqueur de la lutte commerciale est donc le capital qui sait obtenir le plus fort taux d'exploitation de la classe ouvrière, ou plus exactement la plus forte progression. de ce taux d'exploitation. A la devise passionnée du capital: «Accumulez, accumulez, c'est la loi et les prophètes!», le marché mondial fait écho en arbitre glacé de l'exploitation des producteurs directs: que le meilleur exploiteur gagne !
Pour le marxisme, cette loi fondamentale de la concurrence bourgeoise démasque tous les prétendus partis ouvriers qui défendent la position de «leur» pays dans l'économie mondiale. Si l'on se souvient qu'à l'estimable privilège d'être le meilleur exploiteur, le vainqueur de la lutte commerciale ajoute celui de réduire au chômage les prolétaires exploités par ses concurrents, on voit que tous les défenseurs de l'économie nationale (voire européenne!), de la branche d'industrie, de l'entreprise, etc... contre la concurrence «étrangère» qui menace l'emploi, ne réclament pas la suppression du chômage, mais son report sur les prolétaires des autres pays, grâce à une meilleure exploitation des prolétaires du leur. De tels défenseurs du capital national existent dans tous les pays: le résultat de leur sale besogne est de dresser les uns contre les autres, les exploités de diverses nations pour la plus grande sécurité de leurs exploiteurs. Les faits mêmes montrent ainsi que les prolétaires de tous les pays sont objectivement solidaires, que toutes les solutions nationales vers lesquelles on veut les entraîner sont des impasses et des trahisons, et que l'unique voie de leur émancipation est l'union de leurs forces par-delà les frontières bourgeoises et donc sous la direction d'un parti international qui prépare et dirige l'assaut contre les citadelles de la bourgeoisie.
C'est pour s'être trouvé confronté, en dépit des énormes ressources que lui procure son parasitisme financier, à des exploiteurs aussi habiles et forcenés que lui, que l'impérialisme américain a connu ses premières difficultés commerciales. La dialectique implacable de l'accumulation capitaliste a voulu que ses concurrents soient précisément les pays que la coalition impérialiste «démocratique» avait vaincus dans le dernier conflit mondial. Après les avoir écrasés sous les bombes, après avoir systématiquement démantelé leur appareil productif (son complice russe en faisait d'ailleurs autant de son côté), l'impérialisme yankee ne pouvait faire autrement que de leur fournir des capitaux et de leur vendre des biens d'équipement pour créer de nouveaux débouchés à ses propres industries; sous la menace de la crise commerciale et économique, il était donc obligé de remettre lui-même sur pied ses futurs concurrents, qui allaient bénéficier d'emblée des conditions productives les plus favorables: un prolétariat écrasé par le terrorisme militaire et la présence de troupes d'occupation; un marché intérieur privé de tout; un appareil productif anéanti et donc à reconstituer sur la base des techniques les plus modernes; enfin, une forte tradition de centralisation du capital imposée par le développement relativement tardif de la production capitaliste moderne dans ces pays. Une fois la reconstruction nationale accomplie, ces énormes machines productives devaient inéluctablement déboucher en force sur le marché mondial avec tous les avantages des capitalismes jeunes sur les capitalismes plus anciens: des salaires et donc des dépenses de capital variable plus faibles, des taux d'accumulation plus élevés, et donc une croissance de la productivité plus rapide.
Tableau 1 - rémuneration des salariés en pourcentage du revenu national
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
63,7 |
63,7 |
63,2 |
63,7 |
64,6 |
66,0 |
68,0 |
69,2 |
68,8 |
|
|
GB |
64,6 |
64,3 |
64,6 |
65,2 |
64,5 |
64,5 |
65,2 |
66,6 |
66,6 |
|
|
France |
52,0 |
52,2 |
52,7 |
52,5 |
53,0 |
53,7 |
53,2 |
53,5 |
54,2 |
|
|
Allemagne |
55,3 |
55,2 |
56,1 |
56,7 |
56,8 |
55,9 |
56,1 |
58,5 |
60,1 |
|
|
Japon |
49,2 |
49,7 |
51,7 |
51,8 |
51,0 |
49,4 |
49,5 |
50,2 |
55,0 |
Sources: chiffres calculés d'après: ONU, Yearbook of National Account Statistics; ONU, Bulletin mensuel de statistiques.
Quelques chiffres caractéristiques permettront d'illustrer cette évolution des rapports de forces économiques. Le tableau 1, indique la part (en pourcentage) de la rémunération des salariés dans le Revenu National pour les cinq principaux pays capitalistes occidentaux. S'il est clair que ces chiffres ne sauraient être considérés comme des taux de plus-value, ils constituent néanmoins des indicateurs globaux commodes des niveaux respectifs de dépense de capital variable faite par les agglomérats capitalistes nationaux; il en ressort clairement que dans un pays comme le Japon, les frais d'entretien de la force de travail sont plus faibles, pour les années considérées, que chez les vieux impérialismes comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Le tableau 2
Tableau 2 - investissement (formation brute de capital fixe privée)
En pourcentage du produit national brut
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
14,0 |
13,9 |
14,4 |
14,2 |
13,7 |
13,7 |
14,0 |
13,6 |
14,1 |
|
|
GB |
17,0 |
16,7 |
17,6 |
16,7 |
17,1 |
17,2 |
16,9 |
18,1 |
17,8 |
|
|
France |
22,2 |
23,0 |
23,6 |
24,0 |
25,1 |
25,0 |
25,0 |
25,3 |
25,6 |
|
|
Allemagne |
24,8 |
24,8 |
24,8 |
25,2 |
23,2 |
23,2 |
24,2 |
26,3 |
26,8 |
|
|
Japon |
27,0 |
27,7 |
26,7 |
25,8 |
27,7 |
29,0 |
30,4 |
31,0 |
29,3 |
Sources: voir tableau 1.
indique pour les mêmes pays la part en pourcentage de l'investissement (formation brute de capital fixe privée) par rapport au Produit National Brut: les chiffres montrent que les rythmes d'accumulation les plus élevés sont ceux de l'Allemagne et du Japon, capitalismes plus jeunes (ou plus exactement rajeunis par la guerre), les plus faibles ceux de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, capitalismes plus anciens, ce qui confirme la loi de vieillissement du capitalisme qui veut qu'une économie capitaliste sans entraves accumule et croisse d'autant plus vite qu'elle est plus jeune. Les appareils de production de ces deux derniers pays se renouvellent donc moins, et la croissance de la productivité y est plus lente. A l'inverse, la productivité globale des économies allemande et japonaise, qui est partie d'un niveau beaucoup plus bas, croît plus rapidement que celle des USA, comme le montre le tableau 3. (1)
Tableau 3 - croissance de la productivité du travail
(Industries manufacturières - indice base 100 en 1963)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
100 |
105 |
111 |
115 |
116 |
120 |
124 |
122 |
126 |
135 |
|
GB |
100 |
107 |
109 |
110 |
114 |
122 |
126 |
127 |
131 |
140 |
|
France |
100 |
106 |
109 |
118 |
123 |
133 |
146 |
154 |
163 |
175 |
|
Allemagne |
100 |
109 |
113 |
115 |
119 |
131 |
144 |
146 |
149 |
152 |
|
Japon |
100 |
113 |
115 |
128 |
148 |
168 |
194 |
220 |
229 |
245 |
Source: chiffres calculés d' après: ONU, Bulletin mensuel de statistiques.
Les lois de la réussite capitaliste s'énoncent donc d'une manière très simple: le capital qui accumule le plus et fait le plus de progrès dans l'exploitation de son prolétariat a tendance à devenir plus productif que ses concurrents. Le marché mondial lui accorde séance tenante sa sanction: ses marchandises deviennent plus compétitives, c'est-à-dire moins chères que celles des concurrents. Le tableau 4 montre que les prix des marchandises à l'exportation exprimés en monnaies nationales (c'est-à-dire à la fabrication) sont restés globalement plus bas en Allemagne et au Japon, et ont augmenté le plus aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Les exportations des deux premiers pays croissent donc à un rythme plus rapide, comme le montre le tableau 5.
Tableau 4 - prix a l'exportation (en monnaies nationales)
(Indice base 100 en 1963)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
100 |
101 |
104,3 |
107,4 |
109,5 |
111,1 |
114,8 |
121,4 |
125,3 |
129,4 |
|
GB |
100 |
102 |
105 |
108 |
110 |
118 |
122 |
131 |
141 |
151 |
|
France |
100 |
103,9 |
104,8 |
107,7 |
106,9 |
106 |
113,2 |
125,7 |
133 |
134,4 |
|
Allemagne |
100 |
101,1 |
101,8 |
102,9 |
102 |
100,5 |
102,3 |
104,1 |
105,8 |
106,8 |
|
Japon |
100 |
98,8 |
97,6 |
97,7 |
100,7 |
100,8 |
105,3 |
111,1 |
113,3 |
113 |
Source: Fonds Monétaire International, International Financial Statisties.
Tableau 5 - volume des exportations
(Indice base 100 en 1963)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
100 |
113,7 |
114,3 |
121,4 |
126,2 |
136,8 |
144,8 |
156,4 |
154,5 |
168,6 |
|
GB |
100 |
103 |
107 |
112 |
110 |
126 |
140 |
145 |
153 |
155 |
|
France |
100 |
107,2 |
117,7 |
125,4 |
131,9 |
148,1 |
170,7 |
196,6 |
213,2 |
243,4 |
|
Allemagne |
100 |
111,3 |
120,8 |
134,5 |
146,5 |
169,9 |
190,5 |
206,6 |
220,5 |
239,5 |
|
Japon |
100 |
124 |
159 |
183,8 |
190,3 |
236,2 |
278,7 |
319,2 |
383,7 |
410,2 |
Source: F.M.I., International Financial Statistics.
Tableau 6 - parts du marché mondial
(Pourcentage des exportations mondiales réalisé par chaque pays)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
22 |
16 |
15 |
14,6 |
14,5 |
14 |
13,7 |
13,6 |
12,5 |
12,0 |
|
GB |
11 |
8,4 |
7,6 |
7,1 |
6,5 |
6,2 |
6,2 |
6,2 |
6,5 |
6,0 |
|
France |
3,6 |
5 |
5,2 |
5,4 |
5,3 |
5,3 |
5,4 |
5,6 |
5,9 |
6,4 |
|
Allemagne |
1,3 |
8,5 |
9,5 |
9,6 |
10,1 |
10,4 |
10,6 |
10,9 |
11,3 |
11,3 |
|
Japon |
0,4 |
2,6 |
3,5 |
4,5 |
4,8 |
5,4 |
5,8 |
6,2 |
6,9 |
7,0 |
Source: chiffres calculés d'aprés: ONU, Bulletin mensuel de statistiques.
En conséquence (tableau 6), les parts de marché mondial des jeunes capitalismes allemand et japonais augmentent constamment, alors que celles des impérialismes américain et surtout britannique ne font que décroître: en 1972, les exportations allemandes talonnaient celles des Etats-Unis (qu'elles avaient depuis longtemps dépassées pour les produits manufacturés). Le cycle de la reconstruction nationale est bouclé: rajeunis par les destructions massives que leur ont infligées leurs vainqueurs, reconstruits grâce à leurs capitaux, à leurs biens d'équipement et à l'abrutissement de plusieurs générations ouvrières, les vaincus en uniforme «fasciste» ont ressuscité de leurs cendres en costume civil «démocratique». Mais - ô surprise! - leurs noms ont à peine changé: ce sont toujours Krupp ou Bayer, Mitsui ou Mitsubishi qui commencent, tout en se partageant les marchés avec eux, à gêner les bonnes affaires de US Steel, ICI ou Du Pont de Nemours. Sous les habits divers que la situation historique et politique impose aux Etats bourgeois, c'est toujours le même maître qui est présent: le capital impersonnel qui impose sa loi aux nations comme aux «capitalistes», et dont l'accumulation sous les étiquettes nationales «Allemagne» ou «Japon» ne fait que donner le signal d'un nouveau cycle de surproduction, de bouleversements et d'affrontements inter-impérialistes généralisés.
Comme l'histoire l'a déjà montré à deux reprises, la suite du processus est inéluctable. Ayant obtenu grâce à la sueur des prolétaires qui travaillent sous leur joug une expansion économique dont l'effet a été une entrée en force sur le marché mondial, les exploiteurs les plus «méritants» sont récompensés par des excédents de leur balance commerciale qui leur permettent d'empocher de la valeur sous forme de monnaie mondiale accumulée dans les réserves de leurs banques centrales. Mais la logique marchande est ainsi faite que lorsque quelqu'un empoche, il faut que quelqu'un d'autre débourse: si les uns ont des excédents commerciaux, il faut bien que d'autres aient des déficits. Seule la sottise petite-bourgeoise peut rêver d'un développement harmonieux et équilibré du commerce mondial: comment cela se pourrait-il alors que chaque Etat cherche par tous les moyens à avoir une balance commerciale excédentaire, et qu'il est impossible que tous y réussissent en même temps? Les excédents commerciaux croissants de l'Allemagne et du Japon devaient inévitablement provoquer des déficits chez leurs principaux concurrents; c'est ce qui s'est produit pour les Etats-Unis, comme le montre le tableau 7, indiquant l'évolution des balances commerciales (exportations moins
Tableau 7 - balances commerciales
(chiffres en milliards de dollars)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
5,24 |
6,83 |
4,94 |
3,92 |
3,86 |
0,62 |
0,66 |
2,11 |
-2,69 |
-6,91 |
|
GB |
-0,22 |
-1,45 |
-0,66 |
-0,20 |
-1,44 |
-1,54 |
-0,34 |
0,03 |
0,76 |
-1,72 |
|
France |
0,17 |
-0,09 |
0,39 |
-0,04 |
0,28 |
0,04 |
-0,88 |
0,32 |
1,10 |
1,33 |
|
Allemagne |
1,41 |
1,35 |
0,25 |
1,87 |
4,16 |
4,48 |
3,90 |
4,02 |
4,29 |
6,18 |
|
Japon |
-0,16 |
0,37 |
1,90 |
2,27 |
1,16 |
2,53 |
3,70 |
3,96 |
7,78 |
8,99 |
Sources: F.M.I., International Financial Statistics; sauf France années 1963 à 1966 incluses: Ministère de l'Economie et des Finances, Statistiques et Etudes financières, Mars 1971 (sans zone Franc)
importations): les excédents de l'Allemagne et du Japon croissent constamment, ceux des USA diminuent régulièrement jusqu'à se transformer en déficit ce qui provoquera le début de la guerre monétaire. Corrélativement, comme le montre le tableau 8, les réserves d'or et de devises des deux premiers pays
Tableau 8 - réserves des banques centrales
(milliards de dollars à la fin de l'année)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA |
16,8 |
16,6 |
15,4 |
14,8 |
14,8 |
15,7 |
16,9 |
14,5 |
13,2 |
13,1 |
|
GB |
3,1 |
2,3 |
3,0 |
3,1 |
2,7 |
2,4 |
2,5 |
2,8 |
6,6 |
5,6 |
|
France |
4,9 |
5,7 |
6,3 |
6,7 |
7,0 |
4,2 |
3,8 |
4,9 |
8,2 |
10,0 |
|
Allemagne |
7,6 |
7,8 |
7,4 |
8,0 |
8,1 |
9,9 |
7,1 |
13,6 |
18,4 |
23,4 |
|
Japon |
2 |
2 |
2,1 |
2,1 |
2 |
2,9 |
3,6 |
4,8 |
15,3 |
18,3 |
Source: F.M.I., International Financial Statistics.
croissent jusqu'en 1972 à une vitesse astronomique, alors qu'elles décroissent régulièrement pour les USA (la baisse des réserves US est toutefois moins rapide que la montée des réserves allemandes et japonaises, car le montant global des réserves mondiales n'est pas constant, mais augmente régulièrement grâce à la création de moyens de paiement supplémentaires).
La suite logique et inexorable de la percée commerciale des capitalismes allemand et japonais est l'exportation de capitaux, que les réserves de devises accumulées grâce aux exportations de marchandises permettent de financer sur une large échelle. Tant que les exportations ne dégageaient pas d'importants excédents commerciaux, la puissance financière de ces pays leur permettait déjà d'exporter des capitaux, mais dans leur propre monnaie nationale, c'est-à-dire sous forme de crédits à l'exportation ou de prêts liés à l'achat de marchandises nationales (ce qui revient au même); par contre, les investissements de portefeuille (c'est-à-dire l'achat d'actions d'entreprises étrangères), et les investissements directs (c'est-à-dire l'achat ou la création d'entreprises à l'étranger), étaient limités par les nécessités de l'équilibre de la balance des paiements: ils doivent en effet être payés dans la monnaie mondiale, le dollar, et seule la constitution de réserves de devises permet de les effectuer sur une large échelle. Telle est l'implacable logique du marché mondial à l'ère impérialiste: ce n'est que lorsqu'un nouveau capitaliste a fait la preuve de ses capacités d'exploiteur à l'intérieur de ses propres frontières qu'il est autorisé en guise de récompense à exploiter les prolétaires ailleurs!
Le géant américain a depuis longtemps fourni des preuves surabondantes de ses capacités en la matière. La constitution de ses investissements à l'étranger a commencé avec la première guerre impérialiste, après que les énormes profits réalisés sur la vente des marchandises de toutes sortes, en particulier d'armes et de munitions, aux futurs «alliés» européens en guerre, lui aient permis de se «racheter» de l'impérialisme britannique en difficulté. Ces investissements n'ont pratiquement pas cessé de croître depuis lors, et leur masse dépasse de loin celle de tous ses concurrents réunis (tableau 9, ligne 1). La production des
Tableau 9 - investissements directs et production à l'étranger en 1971
| USA | GB | France | Allemagne | Japon | |
| (1) Investissements directs à l'étranger: valeur totale fin 1971 (milliards de $) |
86,0
|
24,0
|
9,5
|
7,27
|
4,45
|
| (2) Rythme moyen de croissance annuelle 1966-1970 |
9,4%
|
7%
|
|
23,3%
|
32%
|
| (3) rapport entre investissements directs à l'étranger et PNB |
8,0%
|
17,6%
|
5,8%
|
3,3%
|
2%
|
| (4) Production à l'étranger (milliards de $) |
172
|
48
|
19,1
|
14,6
|
9
|
| (5) Rapport entre production à l'étranger et exportations |
3,95
|
2,15
|
0,93
|
0,37
|
0,37
|
Sources: lignes (1), (4), (5): ONU, Multinational Corporations in World Development, New-York, 1973 - ligne (2): calcule effectués d'après: Survev of Current Business; U.K. Balance of Payments 1972 (HMSO); The Oriental Economist, juin 1972 - ligne (3): calculs effectués d'après la source (1) et: OCDE, Principaux indicateurs économiques (pour les P.N.B.)
entreprises US à l'étranger a atteint en 1971 presque le quadruple des exportations américaines (tableau 9, ligne 5). Le monopole économique et financier des Etats-Unis à l'issue de la seconde guerre impérialiste ayant imposé leur monnaie nationale comme monnaie mondiale pour tous les paiements internationaux, ils peuvent à la grande indignation de leurs concurrents «honnêtes», continuer à exporter des capitaux sur une grande échelle, même quand leur balance commerciale et leur balance des paiements sont largement déficitaires (tableau 10).
Tableau10 - exportations annuelles de capitaux
Ligne (1): exportations totales de capitaux (publiques + privées)
Ligne (2): dont investissements directs (y compris bénéfices réinvestis)
(chiffres bruts en milliards de dollars)
|
1963 |
1964 |
1965 |
1966 |
1967 |
1968 |
1969 |
1970 |
1971 |
1972 |
|
|
USA (1) (2) |
7,41 3,48 |
7,58 3,79 |
9,37 5,01 |
9,96 5,40 |
10,2 4,73 |
11,7 5,38 |
12,0 5,85 |
12,7 7,33 |
13,6 7,88 |
7,80 |
|
GB (1) (2) |
1,08 0,7 |
1,29 0,73 |
1,13 0,86 |
1,15 0,77 |
1,47 0,77 |
1,90 0,98 |
1,83 1,31 |
1,96 1,16 |
2,16 1,28 |
|
|
France (1) (2) |
0,12 0,09 |
0,12 0,16 |
0,39 0,23 |
0,25 0,17 |
0,74 0,35 |
1,55 0,35 |
0,95 0,19 |
1,70 0,37 |
1,74 0,39 |
|
|
Allemagne(1) (2) |
0,59 0,21 |
0,96 0,22 |
0,84 0,26 |
1,07 0,30 |
1,19 0,24 |
2,45 0,39 |
3,95 0,54 |
2,25 0,68 |
1,55 0,67 |
|
|
Japon (1) (2) |
0,30 0,12 |
0,46 0,05 |
0,78 0,07 |
1,06 0,10 |
1,32 0,12 |
1,62 0,22 |
1,97 0,20 |
2,57 0,35 |
3,01 0,36 |
5,00 0,73 |
Sources: F.M.I., Balance of Payments Yearbook, sauf France années 1963 à 1906 incluses: Ministère de l'Economie et des Finances, Statistiques et Etudes financières, Mars 1971 (sans zone franc).
L'impérialisme britannique a été obligé à deux reprises de liquider une partie de ses investissemnents à l'étranger (rachetés en particulier... par le «généreux» allié américain) pour financer son effort de guerre; s'il a depuis longtemps perdu son rang historique, l'ex-despote du marché mondial est devenu, à l'ombre du géant US, un impérialisme parasitaire à la puissance financière hors de proportion avec sa puissance industrielle et commerciale, grâce en partie à la conservation d'une certaine influence sur les restes de son Empire colonial (maintien de la zone sterling en particulier). Le rôle historique d'usurier et de courtier international de la City de Londres (banque, assurance, transports) lui assure d'autre part de fortes recettes «invisibles» comblant son déficit commercial chronique et contribuant également à ses exportations de capitaux. Toutes proportions gardées, c'est l'impérialisme britannique qui a conservé le caractère impérialiste et parasitaire le plus accentué, comme le montre l'importance de ses investissements à l'étranger par rapport à son produit national brut (tableau 9, ligne 4). La tendance serait encore plus accentuée si l'on prenait en considération les investissements de portefeuille, ainsi que les prêts et crédits divers).
De même, à une échelle beaucoup plus modeste, l'impérialisme français profite toujours des restes de son influence sur son ex-Empire colonial - qui constitue notamment, comme pour l'impérialisme britannique, un vaste réservoir de force de travail à bon marché - et du maintien d'une zone franc. Cependant, la rénovation de l'appareil industriel entreprise par la grande bourgeoisie lors de la liquidation de l'Empire colonial a rendu un certain dynamisme à sa production et à son commerce (voir tableaux 2 à 8) et c'est lui qui est à la base de la croissance récente de ses exportations de capitaux.
La situation des impérialismes allemand et japonais est évidemment très différente. Le premier a payé de deux écrasements militaires successifs le péché historique de son essor tardif par rapport a ses concurrents européens. Les croisades des impérialismes anglo-saxons et français victorieux sous la bannière de la lutte contre la barbarie teutonne, puis sous celle de la défense de la démocratie contre le fascisme, leur ont rapporté, de la Mésopotaniie à l'Amérique du Sud en passant par l'Afrique, de vastes dépouilles territoriales et économiques, pendant que la Russie se réservait celles d'Europe centrale: deux fois dépossédé de ses actifs à l'étranger par ses rivaux vainqueurs, l'impérialisme allemand... a recommencé une troisième fois à zéro. L'impérialisme japonais, lui, recommence pour la deuxième fois seulement (lors du premier conflit impérialiste, le futur allié du IIIème Reich avait... participé au partage des dépouilles de l'Empire allemand en Extrême-Orient). Pour l'un comme pour l'autre, la masse des investissements à l'étranger est donc encore faible par rapport à celle des impérialismes anglo-saxons (tableau 9, ligne 1): mais les flux de leurs exportations de capitaux sous forme de capital de prêt ou d'investissements directs (tableau 10), ainsi que la valeur de leurs actifs à l'étranger (tableau 9, ligne 2) croissent à un rythme annuel nettement plus rapide que celui de leurs concurrents, en particulier pour le Japon.
Si la guerre commerciale bat son plein, la guerre des exportations de capitaux ne fait donc que commencer: les craintes exprimées par l'impérialisme français de la constitution d'une zone mark en Europe, les manifestations de la prépondérance économique japonaise daims l'Asie du Sud-Est (2), la concurrence générale pour contrôler les sources de matières premières, enfin les affrontements portant sur le statut mondial du dollar, n'en sont que les premiers symptômes.
La guerre monétaire n'est qu'une des manifestations de la concurrence commerciale d'une part, financière de l'autre, entre centres nationaux d'accumulation du capital. On peut pour simplifier, après avoir rappelé que les deux aspects sont étroitement imbriqués, considérer que la guerre des parités monétaires correspond à la concurrence commerciale, et les polémiques portant sur la monnaie mondiale, le rôle de l'or et la convertibilité du dollar, à la concurrence financière.
Lorsque par suite de la croissance plus lente de la productivité une économie nationale se trouve globalement en position défavorable sur le marché mondial, elle en est avertie et sanctionnée par le déficit de sa balance commerciale, avec les ponctions sur ses réserves de devises qui en découlent. Sur le marché mondial, ses marchandises sont peu à peu devenues plus chères que celles de ses concurrents; une simple manipulation monétaire peut les ramener au prix du marché mondial, ou même en dessous: il suffit de modifier la parité d'échange de la devise nationale avec les devises étrangères: si le dollar est dévalué de 10 % par rapport à toutes les autres devises, les marchandises américaines seront du jour au lendemain 10 % moins chères sur le marché mondial. A l'inverse, si le yen est réévalué de 20 %, les marchandises japonaises y seront du jour au lendemain 20 % plus chères. En mettant brutalement à deux reprises ses chers «alliés» devant le fait accompli de la dévaluation du dollar, en déclenchant d'autre part cyniquement la spéculation qui a forcé l'Allemagne et le Japon à réévaluer (3), l'impérialisme U.S. a brutalement réagi à la concurrence commerciale que lui faisaient ces deux pays.
Les changements de parités monétaires provoqués par la contre-offensive américaine ont modifié les rapports des prix des marchandises des principaux pays capitalistes sur le marché mondial. Le tableau 11, indique l'ampleur de ces changements de parité, qui jouent sur le plan commercial à l'avantage des Etats-Unis, au détriment essentiellement de l'Allemagne et du japon. Le
Tableau 11 - modifications effectuées des taux de change - mai 1971 - mai 1973
|
Yen : + 24,5 % |
Livre sterling : - 10,5 % |
|
Deutschemark : + 14,5 % |
Lire italienne : - 12,0 % |
|
Franc français : + 5,5 % |
Dollar US : - 17,5 % |
tableau 12 montre l'incidence de ces modifications de parité sur les prix à l'exportation libellés, non plus en monnaies nationales, mais en dollars, c'est-à-dire dans les conditions réelles de vente sur le marché mondial: la comparaison avec l'évolution des prix à l'exportation libellés en monnaies nationales montre que les manipulations monétaires imposées par l'impérialisme américain ont annulé et même contrecarré les effets des rythmes inégaux de croissance de la productivité.
Tableau 12 - incidence des modifications de parités sue les prix a l'exportation
Ligne (1): indice des prix à l'exportation on monnaie nationale (1963 = 100)
Ligne (2): indice des prix à l'exportation on dollars (1963 = 100)
|
1970 |
1971 |
1972 |